UNE GAUCHE UNIE À MULHOUSE ? OU LA DIVISION POUR PLUS DE SUBVENTIONS ?

Le 8 mai 2017, au lendemain de l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la république française, une réunion « Gauche unie alsacienne » se tenait à Mulhouse. Radio MNE était présente et vous relate le contenu de ces discussions politiques …

Plus de 40 personnes étaient présentes à l’auberge de jeunesse de Mulhouse. Parmi les organisations représentées, on peut citer le Parti Communiste, le Parti Socialiste, Europe Ecologie les Verts, les Insoumis – enfin plutôt un Insoumis -, une ou deux structures au nom exotique comme Alternative & Autogestion et quelques citoyens engagés. Pas énormément de femmes, mais plus qu’au Sénat, en tout cas, proportionnellement.

Deux heures de discussion ont permis d’aborder plusieurs sujets sensibles. D’abord, à tout « saigneur » tout honneur, la France Insoumise et son leader Jean-Luc Mélenchon. Entre admiration pour son score national et sa presque première place à Mulhouse intra muros, à peine 17 voix derrière le président élu, et désir d’en découdre face à ce qui est parfois ressenti comme de l’arrogance et de la suffisance, le coeur de l’assemblée balançait … Parmi les propos entendus : « La France Insoumise refuse tout compromis, le dialogue est impossible, signer la charte est une obligation avant de causer, de toute façon il y aura 577 candidats F.I. … » … l’union a déjà du plomb dans l’aile, d’autant que les candidats « insoumis » aux prochaines législatives des 11 et 18 juin prochains ont tout bonnement refusé de venir. Et l’unique représentant présent du mouvement mélenchoniste n’était pas loin de partager ce point de vue sur un certain sectarisme … Mais une citoyenne engagée réagissait en disant « Pourquoi ne pas soutenir tout simplement les candidats de la France Insoumise, sans condition, ne pas présenter de concurrents en face, afin d’augmenter les chances d’avoir des députés de gauche en Alsace ? »

Cela pourrait certes être électoralement efficace, mais pas financièrement ! Eh oui, les législatives permettent aux partis politiques d’encaisser des subventions, chaque voix obtenue représenterait entre 1 et 2 euros d’argent public dans les caisses du parti pour lequel on vote … Plutôt perdre les élections qu’une petite subvention ?

En même temps, je cite « quand on est sûr de perdre, autant avoir plusieurs candidats qui représentent différentes sensibilités » … Pas gagnée l’union de la gauche ! Même si la plupart des orateurs s’accorde sur la nécessité du rassemblement pour avoir une chance de gagner les élections municipales de 2020 …

En résumé, pour les législatives à venir qui décideront du sort politique du pays pour les cinq années qui viennent, il devrait y avoir des candidats France Insoumise partout, sans négociation avec qui que ce soit. A côté, les autres organisations de gauche pourraient s’entendre pour présenter un candidat commun et établir un rapport de force avec le nouveau mouvement de gauche radicale … ou présenter plusieurs candidats pour être vraiment sûrs de perdre … Suspens !

Quelques idées glanées ici et là pour terminer, organiser un genre de « fête de l’Huma » pour discuter politique de façon festive, défendre un droit local et expérimental face à l’arrêt de mort de ce dernier annoncé par le conseil constitutionnel, et en tout cas continuer à se voir pour imaginer qu’ensemble, tout devient vraiment possible ! Suite à la prochaine rencontre …


A la recherche d’un Mulhousien insoumis depuis plus de deux semaines, Radio MNE a sauté sur l’occasion de cette réunion pour interviewer le fondateur du groupe des insoumis de la cité du Bollwerk. Écoutez-le.

 

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