NOUS FAISONS DE LA POLITIQUE EN INTERVENANT DANS LA VIE DE LA CITÉ

 Questions à… Jean-Luc Wertenschlag, président fondateur de l’association Old School

(Propose recueillis par Magali Santulli pour le quotidien régional L’Alsace du 6 mai 2017 • www.lalsace.fr)

L’association Old School chapeaute quatre entités : la Vitrine, une boutique culturelle et collective pour les artisans locaux, Radio MNE, une radio libre animée par plus d’une centaine de bénévoles, les ateliers pédagogiques d’éducation aux médias et l’Agence de communication sociale et solidaire.

En quoi les valeurs d’Old School reflètent-elles l’engagement citoyen ?

L’association a été créée pour donner la parole sous toutes ses formes. Les quatre projets qui en découlent sont différents, mais tous permettent de donner la parole. Le but est de pouvoir mettre en place du dialogue et des débats, car il n’y en a pas assez dans la société. Avec Old School, on réfléchit, on échange des idées, on partage ses créations, etc. Nous faisons de la politique, au sens noble du terme, en intervenant dans la vie de la cité. Nous ne sommes pas partisans, mais discuter de politique est naturel et sain. Nous prônons des valeurs comme la liberté d’expression, l’égalité des sexes, la solidarité, l’écologie, etc.

Concrètement, quelles actions en rapport avec l’engagement citoyen mettez-vous en place ?

Nous cherchons toujours à défendre nos valeurs. Par exemple, avec radio MNE, si on constate qu’une émission n’est enregistrée qu’avec des garçons, on ira leur dire qu’il serait bien que quelques femmes puissent prendre le micro avec eux. Nous intervenons également si un chroniqueur tient des propos discriminants à l’antenne sur les femmes, les personnes handicapées, les juifs, les homosexuels, etc. Avec nos ateliers pédagogiques, nous emmenons des jeunes en service civique au Parlement européen. On peut se retrouver avec Jean-Marie Le Pen dans un ascenseur, comme on peut croiser au détour d’un couloir la spécialiste européenne des réfugiés. C’est une découverte de la politique intéressante.

Après le défilé du 1er Mai, des espaces de discussion ont été aménagés pour parler d’engagement citoyen. Qu’en est-il ressorti ?

Nous avons notamment (re)découvert le Kurdistan, car beaucoup de Kurdes étaient présents à la manifestation. Quelle que soit leur opinion politique, leur mobilisation fait plaisir à voir. Ils revendiquent la liberté d’expression et protestent contre l’emprisonnement des journalistes ou politiques. Quand on veut se battre pour la liberté dans un pays où l’expression est restreinte, on le fait dans le reste du monde. Mulhouse peut être une terre de revendications.

Jean-Luc Wertenschlag, président d’Old School. Photo L’Alsace/M.S.

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